Description fonds - Bibliothèque et Archives nationales du Québec

PISTARD

Cote : E17,S10,D1661/1918

E17Fonds Ministère de la Justice
  S10Correspondance générale civile et criminelle du procureur général

Centre : BAnQ Québec


Titre, Dates, Quantité
Rapport des procédures au sujet des personnes arrêtées re : troubles à Québec = Émeutes de Québec de 1918 . - 8 avril 1918 au 2 mai 1918
- 0.10 mètre(s) linéaire(s) de document(s) textuel(s)

Notice biographique/Histoire administrative
Au printemps 1918, les tensions sont fortes au Québec et particulièrement à Québec. La Première Guerre mondiale fait rage et les besoins en soldats s’accroissent dramatiquement avec les pertes au front et le retrait, en mars 1918, des Russes au prise avec les conséquences de la Révolution d’Octobre 1917. Le Canada, entré en guerre automatiquement derrière la Grande-Bretagne en août 1914, a d’abord eu recours au volontariat mais cela ne suffit plus. Malgré des promesses à l’effet contraire, le gouvernement fédéral passe la Loi du service militaire en juillet 1917 obligeant tous les hommes de 20 à 35 ans, célibataires ou sans enfants, à s’enregistrer auprès des autorités. Quoique les résultats de l’élection fédérale de décembre 1917, particulièrement acrimonieuse, aient clairement démontré l’opposition des Québécois à la conscription, ils donnent cependant, au niveau canadien, la légitimité au gouvernement fédéral de l’imposer. Elle débutera donc le 1er janvier suivant. Les comportements inacceptables des «spotters» chargés de retracer les conscrits récalcitrants suscitent une vague de manifestations majeures à partir du 28 mars 1918. Durant les cinq jours qui suivent des milliers de manifestants prennent d’assaut la rue déclenchant ce qu’on appellera «Les émeutes de Québec de 1918». Du vandalisme se produit et les échanges verbaux avec les militaires et les forces policières ne font qu’exacerber les tensions. Des violences sont commises. Les bureaux de l'Auditorium où sont les bureaux du registraire du service militaire sont saccagés et les fenêtres de deux journaux pro-conscriptionnistes sont fracassées. Les efforts d’apaisement des autorités locales et de certains leaders canadiens-français se butent à la volonté d’Ottawa, voyant dans les émeutes une possibilité d’insurrection générale, d’utiliser la force. Sous le commandement du major-général François-Louis Lessard, le plus haut gradé francophone des forces fédérales, la cavalerie et l'infanterie en provenance de l'Ontario et du Manitoba quadrille les rues de la basse-ville le soir du lundi 1er avril. Un peloton se tient à l'embranchement des rues Saint-Joseph, Bagot et Saint-Vallier et, après une brève sommation en anglais, tire sur la foule avec une mitrailleuse. Atteints par des balles explosives, Édouard Tremblay, Georges Demeule, Honoré Bergeron et Alexandre Bussière succombent. Ce n’étaient que de simples citoyens non armés qui passaient par là ou que la curiosité avait attiré. Ainsi, Honoré Bergeron, un menuisier de 49 ans habitant le quartier de Saint-Sauveur et père de six enfants âgés en dix mois et 19 ans, était sorti tout simplement pour aller chercher ses enfants. Il ne reviendra pas. Il sera frappé dans le dos à la hauteur du cœur par une balle explosive ou à texture malléable. Des dizaines de personnes seront blessées. Le maintien de l'ordre par les 2 000 militaires envoyés à Québec s'applique ensuite avec toute sa sévérité. Les soldats ont ordre de tirer pour tuer, «Shoot to kill». Des arrestations ont lieu. Le 4 avril, le gouvernement Borden applique la loi martiale à Québec et suspend l'habeas corpus. Une présence militaire massive se fera sentir pendant de longs mois. Malgré des demandes réitérées, aucunes excuses, aucuns dédommagements n’ont été accordés aux familles des victimes. Aujourd’hui, le monument Québec, printemps 1918, érigé en 1998 au coin des rues Bagot, Saint-Joseph et Saint-Vallier, sur les lieux de la tuerie, rappelle le caractère dramatique des événements .

Portée et contenu
Ce dossier comprend de la correspondance administrative, les noms des personnes arrêtées lors de l’émeute et qui ont été trouvé coupables ou mis en accusation et surtout les témoignages des témoins des événements, des membres des familles des victimes, des militaires, des médecins et du maire de Québec recueillis lors de l’enquête tenue devant le coroner pour le district de Québec George William Jolicoeur du 8 au 13 avril 1918 sur les causes de la mort de Honoré Bergeron, d'Alexandre Bussières, de Georges Demeule et d'Édouard Tremblay. Ce dossier est la source principale du livre de Jean Provencher : Québec sous la Loi des mesures de guerre 1918. Lux, 2014. 161 p. Coll. «Mémoire des Amériques». Une première édition avait été publiée en 1971 par les Éditions du Boréal Express. Grâce aux témoignages entendus par le coroner Jolicoeur on peut suivre l’évolution des cinq journées qui précèdent la tuerie.

Le dossier se subdivise en trois sections :

A - Pages-couverture et correspondance administrative (8 pages; images 1 à 8)

B - Noms des personnes arrêtées lors de l’émeute. Voici deux qui ont été trouvé coupables ou mis en accusation (6 pages; images 9 à 14) :

- William Aves, 4e avenue
- Joseph Devarennes, rue Saint-Vallier
- Mendoza Lachance, rue Bayard
- John Howey, rue d’Argenson
- Gaudiose Loiselle, rue Arago
- Abdon Gingras, rue Saint-Malo
- Adélard Déchène, ville de Sherbrooke
- Alfred Powers, cité de Montréal
- Louis-Philippe Lucien Giroux, Beauport
- Donald Dupéré, Beauport
- Joseph Lemelin, rue Charest
- Napoléon Martineau, Limoilou
- Pierre Savard, rue du Pont
- Jules Jolicoeur, rue Richardson
- Roméo Robitaille, rue Saint-Jean
- Eugène Marcoux, rue Saint-Mathias
- Louis Gosselin, rue Arago
- Napoléon Belleau, rue Latourelle
- Émile Rochette, rue Saint-Léon
- Lucien Miller, boulevard Langelier.

- Deux soldats ont également été arrêtés pour vol sur la personne d’Homère Guay :

- John Nimmo, Johnston City, Illinois
- Henry Christie, New Westminster, B.C.

C - Témoignages entendus devant le coroner Jolicoeur entre les 8 et 13 avril 1918 (images 16 à 501) :

Séance du 8 avril 1918 :

- Séraphine Brien, veuve d’Honoré Bergeron (3 pages; images 16 à 18).
- Régina Ferland, veuve d’Alexandre Bussières (4 pages; images 19 à 22).
- Elzéar Ferland (1 page; image 23).
- Lumina Bérubé, mère de Georges Demeule (2 pages; images 24 à 25).
- Fidèle Tremblay, oncle de Joseph-Édouard Tremblay (1 page; image 26).
- Henri-Edgar Lavigueur, maire de la Cité de Québec (55 pages; images 27 à 81).
- François-Louis Lessard, major général de la milice canadienne (23 pages; images 82 à 104).

Séance du 9 avril 1918 :

- Joseph-Philippe Landry, brigadier général (46 pages; images 105 à 150).
- Dr Albert Marois (25 pages; images 151 à 175).

Séance du 10 avril 1918 :

- Intervention de M. Picher, juré (4 pages; images 176 à 179).
- Joseph Tremblay, plombier (5 pages; images 180 à 184).
- Major George Robert Rodgers (46 pages; images 185 à 230).

Séance du 11 avril :

- Intervention de Maître Armand Lavergne (1 page; image 232).
- Dr Georges St-Amand, médecin militaire, attaché au Deuxième Bataillon (16 pages; images 232 à 247).
- Armand Lavergne, avocat (39 pages; images 248 à 286).
- Joseph Mercier, gérant (10 pages; images 287 à 296).

Séance du 12 avril :

- Antoine Gobeil, avocat et ex-registraire sous la loi du Service Militaire (8 pages; images 297 à 304).
- Révérend Isidore Evain, prêtre (23 pages; images 305 à 327).
- Révérend Père Narcisse Cotnoir, prêtre (5 pages; images 328 à 332).
- Capitaine Charles Desrochers, Inspecteur de la Police fédérale (16 pages; images 333 à 348).
- J. Wilfrid Dion (21 pages; images 349 à 369).
- Wilfrid Cantin (5 pages; images 370 à 374).
- Francis D. Lafferty, Superintendant Dominion Arsenal (1 page; image 375).
- Francis Caouette, constable de la Police municipale (6 pages; images 376 à 381).
- Isidore Caouette, constable de la Police municipale (6 pages; images 382 à 387).
- Ovide Landry et Alfred Boucher, Police municipale (1 page; image 388).
- Émile Trudel, chef de la Police municipale (45 pages; images 389 à 433).

Séance du 13 avril :

- Capitaine Horace Scott (4 pages; images 434 à 437).
- Major George Gooderham Mitchell (35 pages; images 438 à 472).
- Émile Trudel, chef de la Police municipale (2 pages; images 473 à 474).
- L’Honorable Philippe-Auguste Choquette, membre du Sénat du Canada (7 pages; images 475 à 481).
- Pierre Trudel, détective de la Police provinciale (1 page; image 482).
- Témoin non identifié (5 pages; images 483 à 487).
- Xavier Blouin, constable de la Police municipale (14 pages; images 488 à 501).

Bibliographie sommaire :

- Courtois, Charles-Philippe et Laurent Veyssière. Le Québec dans la Grande Guerre. Engagements, refus, héritages. Québec, Les Éditions du Septentrion, 2015. 212 p.

- Provencher, Jean. Québec sous la Loi des mesures de guerre 1818. Lux, 2014. 161 p. Coll. «Mémoire des Amériques». Une première édition avait été publiée en 1971 par les Éditions du Boréal Express.

- Renaud, Pierre-Yves et Martin Pâquet, «La Grande Guerre dans les rues de Québec», Le Devoir, 10 mars 2018, p. B10.

- Richard, Béatrice. «1er avril 1918 Émeute à Québec contre la conscription : résistance politique ou culturelle?», dans Pierre Graveline (Sous la direction de), Dix journées qui ont fait le Québec, Montréal, vlb éditeur, 2013, p. 136-159.

- Richard, Béatrice. «Le 1er avril 1918 – Émeute à Québec contre la conscription : résistance politique ou culturelle?» donnée dans le cadre de la série Dix journées qui ont fait le Québec diffusée sur le Portail de BAnQ. (http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2337125) .

Source du titre composé propre
Titre apparaissant sur la page-couverture

Sources complémentaires
Les quatre verdicts du coroner découlant de cette enquête sont disponibles en ligne (TP12,S1,SS26,SSS1,D39/1918 (Honoré Bergeron), TP12,S1,SS26,SSS1,D40/1918 (Édouard Tremblay), TP12,S1,SS26,SSS1,D41/1918 (Alexandre Bussières) et TP12,S1,SS26,SSS1,D42/1918 (George Demeule). Le plan d’assurance-incendie de 1910 accessible sur le Portail de BAnQ, dans BAnQ numérique, permet de bien comprendre la configuration des lieux de la tuerie. Enfin, signalons que BAnQ numérique comprend le contenu de plusieurs journaux de cette époque, dont La Presse et Le Devoir, pouvant faire l’objet d’une recherche plein texte.

Termes rattachés
Coroners
Guerre mondiale, 1914-1918
Québec (Québec : Ville)
Rue Bagot (Québec, Québec)
Saint-Sauveur (Québec, Québec : Quartier)
Émeutes

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