Description fonds - Bibliothèque et Archives nationales du Québec

PISTARD

Cote : P625


Centre : BAnQ Québec


Titre, Dates, Quantité
Fonds Société zoologique de Québec inc . - 1931-2016
- 6.85 mètre(s) linéaire(s) de document(s) textuel(s)
- 1527 photographie(s)
- 92 gravure(s)
- 63 dessin(s) d'architecture
- 9 dessin(s) d'ingénierie et technique(s)
- 1 film(s)
- 2 disque(s)
- ( : Administration: Gestion secteur privé; Sciences naturelles/sciences pures: Zoologie ; 0).

Notice biographique/Histoire administrative
La Société zoologique de Québec a connu un enfantement difficile et, de surcroît, par personne interposée. En effet, elle est née de la volonté du ministère de la Colonisation de la chasse et des pêcheries qui forma, en juillet 1931, un Comité afin de "choisir le site le plus avantageux possible pour l'établissement d'une ferme expérimentale pour l'élevage des animaux à fourrure". La tâche première de ses membres (Charles Fremont, président, Edgar Rochette, député et président de l'Association provinciale des éleveurs d'animaux à fourrure, L.-A. Richard, sous-ministre, Johan Beetz, directeur du Service de l'élevage des animaux à fourrure du ministère, Thomas Fortin, inspecteur du même service, deux jeunes boursiers du Gouvernement provincial, un médecin vétérinaire, J.-Armand Brassard et R. Rajotte qui assumaient conjointement les fonctions de secrétaire du Comité) consistait à déterminer le futur site de la ferme expérimentale, à négocier l'achat des fermes qui la constitueraient et à présenter les plans et devis d'aménagement. Leur choix se fixa sur un groupe de propriétés situées à Charlesbourg. Les négociations eurent lieu rapidement, les fermes furent achetées et les travaux débutèrent durant l'été, car il tardait au gouvernement Taschereau de créer, au plus tôt, des emplois en ce temps difficile de crise économique et d'effondrement du marché de la fourrure. Le Comité du ministère désigné sous ce seul terme, donna naissance, lors d'une réunion le 14 novembre 1931, à cinq sous-comités dont celui du Jardin zoologique formé de David-Alexis Déry et Georges Maheux comme membres associés. Ce comité du Jardin zoologique tint sa première réunion le 21 novembre suivant. À l'ordre du jour apparaît l'étude des avis de «soumissions» ou d'appels d'offre pour la construction du laboratoire, de l'hôpital et de la maison du gardien. On considéra également un texte législatif se rapportant à la ferme expérimentale, le don éventuel d'un totem sculpté par les indiens de la Colombie-Britannique et, enfin, une proposition du docteur Déry au sujet de l'aménagement des aires destinées aux oiseaux. Ce dernier, fondateur de la Société Provancher d'histoire naturelle du Canada, était considéré comme un maître de l'ornithologie dispensant ici et là des conférences agrémentées «d'images animées». Le Comité du Jardin zoologique tint deux autres réunions exploratoires avant l'incorporation de la Société. Celle du 15 décembre 1931 apparaît capitale puisqu'elle porte sur le concept même du jardin. Après avoir visité les jardins zoologiques de New York, de Philadelphie et de Washington, le sous-ministre L.-A. Richard, accompagné de R. Rajotte, considère qu'il faut briser avec les «idées conventionnelles de nos voisins». Il suggère alors la création d'un «village canadien du 17e siècle» autour duquel graviterait le jardin. La traditionnelle tour d'observation serait remplacée par un moulin à vent qui servirait de tour et les «bâtisses» d'architecture canadienne seraient des musées: l'une représenterait un intérieur canadien et l'autre illustrerait la vie du trappeur et du coureur des bois. Les trois constructions proposées plus haut étant en cours, on étudia alors les plans pour l'érection d'une clôture en pierre ainsi que ceux d'un pont «dans le genre chinois». Un budget provenant, d'une part, du Gouvernement fédéral, qui injecta 40 000 $ afin «d'améliorer le sort des chômeurs», et d'autre part du Gouvernement provincial fut approuvé. En fin de réunion, le sous-ministre Richard proposa de «commencer immédiatement la collection des petits mammifères canadiens» et surtout de profiter du bas prix des fourrures pour monter la collection de la ferme qui servira à la formation des éleveurs. La réunion du 22 février 1932 prit les allures d'une rencontre de routine. On y discuta de toute évidence d'affaires courantes déjà amorcées: l'achat de jeunes orignaux, celui d'une collection de peaux de la Maison Holt Renfrew, le report à l'automne d'un envoi d'animaux offerts par le Département des parcs, à Ottawa. Le Jardin se placera sous les dispositions de la loi fédérale sur les oiseaux migrateurs et deviendra un site protégé, un «refuge d'oiseaux». Tous ces travaux dirigés par le Comité du Jardin mais supervisés par le sous-ministre Richard qui s'en référait à son ministre Hector Laferté et, parfois, au ministre de l'Agriculture, J.-L. Perron, tous ces travaux, dis-je, revenaient de droit aux ministères préoccupés politiquement par la crise économique et son cortège de revendications de la population. L'idée de créer une Société revint à Richard désireux de s'assurer d'une subvention pour l'achat du Totem-Pole, oeuvre choisie et retenue par l'ethnologue Marius Barbeau. L'achat d'un objet d'art risquait de déplaire à la population alors que la création d'une Société était défendable en Chambre. Ainsi, et dotée d'une subvention de 2 000 $, était créée la Société zoologique de Québec, autre forme du sous-comité du Jardin. Il s'agissait des mêmes personnes qui tinrent leur première réunion le 25 août 1932. Naissance difficile, certes, car ce fut une naissance par personne interposée, c'est-à-dire par l'intermédiaire de la ferme expérimentale qui permit la création du Jardin zoologique, dont le Comité de direction se transforma en Société. Vivant côte à côte pour plus de soixante ans, le gouvernement, propriétaire du Jardin, la Société qui en assume la gestion et les orientations, et le ministère qui en contrôle la gestion financière. Par sa constitution, la Société se donnait de nombreux objectifs de regroupement des personnes intéressées aux sciences naturelles, de recherche et de développement des dites sciences, d'enseignement populaire auprès de la population, de gestion et de développement matériel du Jardin, de conseillère auprès des administrateurs du Jardin, d'exploitante des services auxiliaires du Jardin, en l'occurrence les restaurants et la boutique de souvenirs. Lorsqu'elle demanda l'émission de nouvelles lettres patentes en 1959, un avocat, Lucien Darveau, s'aperçut que la Société opérait dans l'illégalité depuis des années. En effet, en vertu de la constitution du 6 juillet 1932, la Société zoologique de Québec tombait sous la Loi des clubs de récréation qui l'assujettissait aux dispositions de la Loi des compagnies de Québec, particulièrement à la section IV de la troisième partie de la dite loi, qui l'obligeait «à faire approuver ses règlements», à «produire un rapport initial ainsi qu'un rapport annuel pour les termes expirant le 30 juin de chaque année, et ce depuis 1933 jusqu'à 1958» (Mémoire concernant la Société zoologique de Québec, 11 février 1959). Or, la Société n'avait adressé aucun rapport et, pire encore, elle n'avait pas le droit d'acquérir et de posséder des biens mobiliers et immobiliers de plus de 2 000 $. La Société percevait toutefois les droits, les entrées et exploitait des restaurants et une boutique de souvenirs. Il fallait donc, dans les circonstances, modifier la charte de la Société afin d'opérer en toute légalité: le droit de posséder des biens immobiliers fut porté à 100 000,00 $ et la place d'affaires transférée à Québec au lieu d'Orsainville. Plus tard, soit en 1985, le montant du droit de posséder fut porté à un million. L'évolution de la Société fut celle des successives améliorations du Jardin qui, au cours des ans, mit l'accent sur l'exotisme et non plus les seuls animaux indigènes comme c'était le cas dans les années trente. Les plans d'aménagement, conçus par l'architecte Sylvio Brassard et présentés par le sous-ministre L.-A. Richard au Comité, furent réalisés promptement, si bien qu'en 1932, surgirent quatre nouveaux pavillons, soit le laboratoire, l'hôpital, la maison du gardien et l'édifice de l'administration. Cette année-là, grâce à la main-d'oeuvre bon marché des chômeurs, on réalisa «le mur de pierre longeant l'avenue du zoo, le moulin à vent, le pont de pierre enjambant la rivière Duberger, les cages de la ferme et les enclos devant garder les herbivores». Les pluies torrentielles, un certain jour d'automne 1938, emportèrent les installations sur la Duberger qui furent consolidées. On ajouta derrière les maisons de l'administration une «bâtisse en forme de L» qui logèrent les ateliers du Jardin. Pour le 25e anniversaire de sa création, les directeurs de la Société inaugurèrent le pavillon des félins et des primates commencé en 1953. La décennie '70 marqua l'aménagement de l'entrée principale, du terrain de stationnement ainsi que la construction d'un nouvel édifice, réservé aux ateliers et aux services d'entretien; on érigea par la suite, soit en 1976, une ferme pour enfants et le Jardin fut placé, afin de l'enjoliver, sous le signe du développement horticole. La décennie '80 vit la construction de trois volières ainsi qu'un vaste plan de consolidation des bâtisses dû à l'architecte Georges Daudelin. Il y eut rénovation de tous les édifices et la relocalisation des flamants, des rapaces, des chimpanzés, des otaries et des loutres. Les fauves et les chimpanzés furent exposés à vision directe en 1988 et la résidence des éléphants construite la même année. Bref, le Jardin subit un perpétuel renouvellement bien que ses capacités financières demeuraient limitées. La Société s'était aussi donnée une mission éducative. À cet effet, on organisa, dès 1953, une exposition de travaux de jeunes naturalistes. L'année suivante, en mai, on assistait aux premières causeries à la radio, puis, en 1935, le docteur J.-Armand Brassard, alors directeur du Jardin et secrétaire de la Société, mettait sur pied un programme de visite-écoles qui prit la forme, dans les années '80, de visites auto-guidées. Plus tard, soit en 1943, Louis-Philippe Audet, historien du système scolaire au Québec, lançait les concours de zoologie qui se poursuivirent jusqu'en 1960. Radio-Canada facilitait d'ailleurs la connaissance des sciences naturelles dans le cadre de la série Radio-Collège. Enfin, Jacqueline Vincent institua, en 1976, les «journées d'observations». La mission éducative fut longtemps avivée grâce aux publications de vulgarisation : feuillets, dépliants, brochures sans compter la revue LES CARNETS DE ZOOLOGIE publiée sous la responsabilité successive de Damase Potvin, du docteur J.-A Brassard, de Claude Melançon et de Raymond Cayouette. La Société se consacra aussi à la recherche scientifique et, à ce titre, elle est membre de l'ACFAS (1934) et elle est associée à l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Sa principale contribution concerne les noms français des oiseaux du Canada ainsi que ceux des mammifères. Ces ouvrages sont nés du travail de comités, le premier créé en 1951 et le second en 1962. Il y eut fusion de ces comités en 1975 pour former le Comité permanent de nomenclature française des vertébrés du Canada. La recherche passa également par le maintient, de 1961 à 1990, d'un programme de bourses destinées à des étudiants gradués. La Société s'impliqua dans divers dossiers dont ceux de la préservation de la collection Provancher (1962), de la défense de la Rivière Jacques-Cartier (1972), de la mise en valeur de l'Île aux Basques, refuge d'oiseaux appartenant à la Société Provancher (1975) et de la préservation des battures de Beauport (1978) .
Historique de la conservation/Source immédiate d'acquisition
Les documents du fonds ont été acquis par les Archives nationales du Québec en vertu d'une convention de donation signée le 28 octobre 1993. Gabriel Filteau, son président, agissait pour le compte de la Société. Une autre convention de donation a été signée le 28 juillet 2016 (don de M. Jean Mercier). Les documents de la troisième acquisition nous proviennent de Monsieur Michel Bédard (convention signée en mars 2018) .

Portée et contenu
Ce fonds témoigne des activités de la Société zoologique de Québec inc. qui s'implique au niveau de la recherche, en sciences naturelles, en éducation populaire et qui agit comme conseillère et gestionnaire du Jardin zoologique de Québec.

Le fonds comprend principalement des documents textuels, soit des documents constitutifs, des procès-verbaux du conseil d'administration et des comités, correspondances, rapports annuels, dossiers des documents financiers et des boursiers, publications, coupures de presse.

Un classement existait déjà pour certains groupes de documents, soit les procès-verbaux et les cahiers de coupures de presse. Les procès-verbaux étaient groupés par année, les coupures de presse étaient groupées par année et en ordre chronologique. Quant à la correspondance, elle était dans des cahiers par année et certaines lettres étaient classées par sujet. L'ordre de ces documents a donc été conservée et un plan de classification a été établi ainsi: P625, S1 Structures administratives et organisation de la Société; P625, S2 Correspondance générale; P625, S3 Documents financiers; P625, S4 Activités éducatives de la Société; P625, S5 Publications; P625, S6 Coupures de presse.

Lorsque l'on consulte les documents de la série STRUCTURES ET ORGANISATION, nous pouvons voir comment le Jardin zoologique et la Société zoologique ont pris naissance. La correspondance traite des soirées zoologiques instaurées en 1949, des demandes de Carnets de zoologie, ainsi que des entrées payantes. Nous pouvons aussi voir, en consultant la correspondance, que la diffusion des Carnets est internationale car nous retrouvons des lettres provenant de plusieurs pays. C'est en consultant les Carnets de zoologie que nous pouvons également en savoir plus long sur les mammifères ainsi que les autres espèces d'animaux.

Les sujets traités nous renseignent notamment sur la vie des animaux, leur alimentation, leur espérance de vie, des statistiques ou recherches scientifiques effectuées à leur sujet. Le Guide du Jardin zoologique étant un outil destiné aux visiteurs, celui-ci traite des mammifères et des oiseaux présents au zoo, de leur provenance, leur alimentation et des caractéristiques propres à chacun.

Aussi, nous retrouvons des documents relatifs aux Comités. Le Comité des Fêtes nous permet de retracer l'histoire de la Société et d'en savoir plus long sur les activités organisées pour souligner les 15e, 25e et 50e anniversaires. Le comité du budget, pour sa part, nous renseigne sur les sources de financement dont dispose le Jardin zoologique, entre autres, les subventions, les entrées payantes, le restaurant et le kiosque à souvenirs. Le Comité du Jardin nous permet, quant à lui, de constater le genre de clientèle qui fréquente le zoo; nous y retrouvons d'ailleurs des statistiques sur les visiteurs. Concernant le comité de nomenclature des oiseaux, il s'intéresse beaucoup à l'ornithologie avec, entre autres, ses publications à ce sujet. Complètent ce fonds, enfin, des notes sur les mammifères, les reptiles et les amphibiens et des coupures de presse nous permettant de voir l'évolution du Jardin zoologique depuis ses débuts.

Aussi les documents iconographiques nous présentent la construction du jardin zoologique, les pensionnaires, le relation de ces pensionnaires avec leurs gardiens, les visiteurs et les membres de la Société.

En somme, l'ensemble des pièces composant ce fonds permettent de retracer toutes les activités du zoo ainsi que de tout événement impliquant les animaux .

Source du titre composé propre
Titre correspondant au contenu de l'unité de description

Langue des documents
On retrouve de la correspondance en anglais, en allemand et en espagnol relatives aux demandes des Carnets de zoologie.

Sources complémentaires
Il existe d'autres fonds qui ont un lien direct avec la Société zoologique de Québec inc. Le Fonds Société Provancher d'histoire naturelle et le Fonds de la Société d'entomologie du Québec forment, avec celui de la Société zoologique un ensemble unifié des mouvements scientifiques d'histoire naturelle de la région de Québec.

Versements complémentaires
Le fonds demeure ouvert, la Société versera des documents aux Archives nationales du Québec à tous les cinq ans.

Termes rattachés
Jardin zoologique de Québec
Ornithologie
Société zoologique de Québec
Zoologie

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